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Débat d'entre-deux-tours : passe d'armes entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen sur le voile

Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont eu une rude passe d'armes autour du voile et de la laïcité mercredi 20 avril au soir lors de leur débat d'entre-deux-tours, le président sortant accusant son adversaire de «trahir l'esprit français et de la République».

Après deux heures d’échanges sur différentes thématiques, le ton est monté au moment d'aborder la laïcité. Les deux candidats devaient ainsi répondre, chacun leur tour, à la question : «une femme pourrait-elle porter le voile dans la rue, dans le métro ou ce sera interdit ?».

«Je pense qu'il faut mettre en œuvre une loi de lutte contre l'idéologie islamiste. Je le répète, je ne lutte pas contre une religion, je ne lutte pas contre l'islam, qui est une religion qui a toute sa place, je lutte contre l'idéologie islamiste qui s'attaque au fondement de notre république», a affirmé Marine Le Pen.

Après avoir été relancée par les journalistes, la candidate du Rassemblement national a clarifié son choix. «Je suis pour l'interdiction du voile dans l'espace public. Le voile est un uniforme imposé par les islamistes, une grande partie des jeunes femmes qui le mettent ne peuvent pas faire autrement en réalité, même si elles n'osent pas le dire», a-t-elle dit.

«Il faut libérer l'ensemble de ces femmes et pour cela il faut interdire le voile dans l'espace public», a-t-elle ajouté.

«Une guerre civile dans les cités»

À peine a-t-il pris la parole à son tour, qu'Emmanuel Macron a interpellé Marine Le Pen sur la distinction qu’elle fait entre le voile et la religion musulmane. «Vous créez un système d'équivalence par votre cheminement qui confond tous les problèmes et qui les entretient. La question du voile, c'est la question d'une religion», a-t-il fustigé.

Emmanuel Macron s’est présenté comme étant le protecteur du principe de la laïcité et les valeurs de la République.

«Moi je suis pour la loi de 1905, c'est notre République. La République est laïque. La laïcité, ce n'est pas combattre une religion. Donc, avec moi il n'y aura pas l'interdiction du foulard, ni de la kippa ni de quelque signe religieux, dans l'espace public. Le principe d'égalité, c'est que si vous rentrez dans cette logique Madame Le Pen, vous interdirez tous les signes religieux dans l'espace public et pas simplement le foulard», a-t-il expliqué.

«Nos textes fondamentaux c'est cela : la laïcité. La laïcité c'est un principe de liberté. (...) Dans la cité, vous allez créer la guerre civile si vous faites ça. Je vous le dis en toute sincérité», a-t-il détaillé.

Les mots utilisés par Emmanuel Macron ont été jugés «très graves» par Marine Le Pen. «Ce que vous dites, c'est que les gens n'accepteraient pas de se soumettre à la loi», a-t-elle répondu.

«Je suis en train de vous dire que la France, la patrie des Lumières, serait le premier pays au monde à interdire les signes religieux dans l'espace public. Le premier pays au monde. Cela n'a aucun sens, ce n'est pas le respect de nos valeurs. Ce n'est pas faisable», a riposté Emmanuel Macron.

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