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Télétravail, rapport à l'existence... Cinq ans après le premier confinement, 5 choses qui ont changé en France

Cinq ans jour après l’annonce du premier confinement lié à la pandémie de Covid-19, les Français ont intégré le virus dans leur quotidien. Ce dernier a même bouleversé notre rapport à la vie, au travail et à la maladie. Voici 5 choses qui ont changé depuis le premier confinement.

Le 11 mars 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) officialisait la pandémie de Covid-19. Six jours plus tard, le 17 mars 2020, la France entrait dans son premier confinement. En cinq ans, la maladie s’est installée durablement dans le paysage, et si la plupart des stigmates de cette étrange et nouvelle période d'enfermement, de couvre-feux et d’isolements ont disparu de l’espace public, le virus aura contribué à changer durablement notre rapport à la vie, au travail et à la maladie. Sens des priorités, télétravail, quoi qu’il en coûte, masques et vaccins... Le Covid-19 a laissé des traces indélébiles de son passage en France et dans le monde.

le Sens des priorités revu

Le soir du 16 mars 2020, la France découvrait le confinement. Le président de la République décrétait cette parenthèse nouvelle qui allait faire basculer notre quotidien dans une solitude forcée, nous poussant vers une introspection naturelle. Alors que les journées de tout un chacun étaient rythmées par le suivi des informations concernant l’avancée de la pandémie, le triste décompte des morts, ou encore les très rares sorties permises à coup d’autorisations signées, le Covid-19 a chamboulé le sens des priorités de nombreux Français, les poussant à se recentrer vers l’essentiel.

«Ai-je fait les bons choix ? Mon travail a-t-il du sens et m’épanouit-il ? Me donne-t-il le sentiment d’être utile ?» sont les questions que beaucoup de Français se sont posées. Une remise en question personnelle et permanente dont les réponses ont fait naître des envies de reconversion professionnelle, quitter les grandes villes pour les zones plus rurales, et la volonté de plus en plus présente de se focaliser sur le temps libre plutôt que sur le travail.

En témoigne la nouvelle dimension prise par la semaine de quatre jours, de plus en plus populaire chez les Français en raison de leur volonté d’avoir plus de temps libre pour leur famille ou pour des loisirs, et de consacrer moins de temps à leur travail. C’est ce qui ressort d'une étude réalisée par le groupe Manpower, qui confirme la volonté de plus d’une personne sur trois de sacrifier jusqu'à 5% de son salaire pour obtenir une semaine de travail de quatre jours. 

Le Télétravail normalisé

Si la crise sanitaire et les épisodes de confinement ont profondément marqué les Français en les poussant à redéfinir leur sens des priorités, cette période a également contribué à démocratiser une pratique jusqu’alors peu courante en France : le télétravail. 

Avant la crise sanitaire, l'usage était peu répandu en France : «Seuls 4% des salariés le pratiquaient de façon régulière en 2019», selon une étude de l'Insee publié mercredi 5 mars dernier.

© Insee

Mais au plus fort de la pandémie, la proportion de télétravailleurs a drastiquement augmenté, atteignant des pics autour de 30%, avec notamment 27% et 28% lors des confinements de novembre 2020 et avril 2021. 

Aujourd'hui, la pratique du télétravail s'est «ancrée» dans les entreprises, selon une étude de l'INSEE dévoilée le 5 mars 2025. En effet, début 2024, plus d'un salarié du secteur privé sur cinq était concerné, avec une moyenne de 1,9 jour de travail à distance par semaine. Au premier semestre 2024, 22% des salariés du privé en France, hors Mayotte, ont été en télétravail au moins une fois dans les quatre semaines précédentes. 

Pour l'heure, près de sept salariés sur dix qui considèrent leur poste comme «télétravaillable» y recourent, précise l'Insee. Et la fréquence augmente selon la taille des entreprises

18% des salariés des petites et moyennes entreprises (PME) assurent leurs fonctions professionnelles à distance au moins une fois par mois, 26% au sein des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et 34% dans les grandes entreprises, qui comptent une forte proportion de cadres. 

Le quoi qu'il en coûte et ses répercussions

Avec 759 millions de cas et 6,8 millions de décès enregistrés, la pandémie de Covid-19 aura eu un impact sanitaire considérable sur le monde. Mais l'impact des épisodes de confinement, soit une période d'«arrêt» presque total de la société, aura également eu des conséquences dévastatrices sur nos économies. Face à cela, la France a mené une politique forte de soutien aux entreprises matérialisée par ce que le président de la République, Emmanuel Macron l'a intitulée le «quoi qu'il en coûte»

Le «quoi qu’il en coûte» désignait donc le plan d’aides déployées pour soutenir les entreprises pendant la crise sanitaire : fonds de solidarité, activité partielle, ou encore prêts garantis par l’État. S'il était largement valorisé pendant la pandémie, depuis, il est surtout devenu synonyme d’un accroissement considérable de la dette publique.

Le quoi qu’il en coûte était-il nécessaire ? Des économistes ont procédé à des simulations pour imaginer la situation des entreprises françaises sans ce soutien de l’État. Dans un rapport de la Cour des comptes, leur conclusion est évidente : le nombre d’entreprises devenant insolvables aurait été bien plus élevé. Par ailleurs cette réussite est aussi incarnée par le taux de chômage qui a retrouvé son niveau d'avant crise sanitaire, et par un taux de croissance historique de 7% en 2021, synonyme de rebond économique d'après crise. On peut donc affirmer que cette politique aura durablement impacté la société française.

Le rapport précise également que la France s’est souvent endettée après une catastrophe et que cela a toujours été un choix pertinent. Si la dette est suffisamment étalée dans le temps, comme cela semble être l'option privilégiée, les payeurs (à savoir les jeunes, voires les nouvelles générations) ne devraient pas trop en subir l'impact financier. Selon la Cour des comptes, le gouvernement doit simplement rééquilibrer la présence de l’État dans l’économie. 

Le vaccin et ses questions

La campagne vaccinale contre le Covid-19 a commencé quelques mois après que la pandémie soit devenue mondiale. À son démarrage en décembre 2020, elle a d’abord été ciblée sur les groupes de population exposés, notamment les résidents en EHPAD. Puis elle a très vite été élargie aux personnes âgées, avant d’être progressivement ouverte jusqu’à l’été 2021 à l’ensemble des adolescents et adultes (de 12 ans et plus). Si la campagne vaccinale a initialement connu des difficultés de logistique et d’organisation, elle est ensuite rapidement montée en puissance, en s’adaptant aux vagues épidémiques successives. 

Au total, 80% des Français ont reçu au moins une dose de vaccin, soit 54,2 millions de personnes, et 78,7% des Français ont reçu un schéma vaccinal complet, soit environ 53,4 millions de personnes. Toutefois, face aux nombreuses incertitudes qui entourent le virus, notamment des scandales impliquant des laboratoires pharmaceutiques et face aux nombreuses approximations du gouvernement, alimentées par des politiques clivantes comme le pass sanitaire (puis vaccinal), une poignée de Français, entre 4,5 et 5 millions, ont catégoriquement refusé la vaccination, et ont renforcé une forme de polarisation de la société.

© CovidTracker

En octobre 2024, Santé publique France mettait à jour ses chiffres, qui ont indiqué que les personnes non vaccinées étaient «majoritairement des femmes (64%), vivant en milieu rural (65%), déclarant une catégorie socioprofessionnelle inférieure (46%)». 

Par ailleurs, les résistances à la vaccination n'ont pas été homogènes sur le territoire. Alors que seulement 18% des Parisiens n'ont pas effectué de schéma vaccinal complet (hors dose de rappel), c'est le cas de 35% des habitants de Seine-Saint-Denis et de Corse. Dans les Outre-mer, la proportion est encore plus importante : 54% des résidant à Mayotte ne se sont pas vaccinés, 63% en Martinique ou encore 64% en Guadeloupe.

Finalement, le vaccin aura donc contribué à accentuer la polarisation de la société entre «pro-vaccin» et «antivax», mais aussi les clivages entre les milieux sociaux, les urbains et les ruraux, ou encore les «jeunes» et les «vieux». 

Des masques devenus banals

Depuis le 1er août 2022, la France n’est plus sous état d’urgence sanitaire, et le pass sanitaire n'est plus en vigueur. Il n'y a, dès lors, plus d'obligation générale de port du masque dans les lieux publics, ni dans les transports. Seuls les directeurs d’hôpitaux et d'établissements de santé sont habilités à maintenir le port du masque obligatoire au sein de leurs structures.

Pourtant, il n’est pas rare aujourd’hui d’apercevoir, ici et là, quelques personnes arborant ce fameux masque chirurgical, sans que cela ne choque plus grand monde. Une situation qui a bien changé par rapport à 2020. À cette époque, le masque souffrait d’une contestation massive liée d’une part à son côté contraignant au quotidien, et d’autre part aux erreurs et approximations successives, tantôt du gouvernement, tantôt du milieu médical, concernant leur véritable efficacité contre la transmission du virus.

Finalement, malgré le peu de réponses apportées par les scientifiques ou le gouvernement face à ces interrogations légitimes, par la force des choses, le masque est tout de même entré dans notre mode de vie et n'en est plus jamais ressorti. Un changement culturel important déjà opéré dans certaines régions du monde, qui a fini par s'imposer en Europe et en France, grâce ou à cause, selon les opinions, de la pandémie de Covid-19. 

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