Brésil : un an après son élection, les 10 phrases chocs du président Jair Bolsonaro

Jair Bolsonaro est un habitué des dérapages homophobe, sexistes ou encore anti-migrants. Jair Bolsonaro est un habitué des dérapages homophobe, sexistes ou encore anti-migrants. [EVARISTO SA / AFP]

Il y a un an, le 28 octobre 2018, le Brésil élisait un président d'extrême droite controversé : Jair Bolsonaro. Depuis, l'ancien militaire n'a pas failli à sa réputation d'homme sulfureux, en enchaînant les déclarations chocs.

«vivre en France est insupportable» à cause des migrants

Avant même sa prise de fonctions, le 1er janvier 2019, Jair Bolsonaro a fait parler de lui en France, en accusant les migrants d'être la cause de tous les maux dans le pays. «Tout le monde sait ce qui se passe en France. C'est simplement insupportable de vivre dans certains endroits en France», a-t-il déclaré à la mi-décembre 2018 au cours d'un direct sur Facebook.

«Et l'intolérance a tendance à continuer d'augmenter. Ceux qui sont allés là-bas, le peuple français les a accueillis de la meilleure façon possible», a-t-il ajouté. «Mais vous savez comment sont ces gens-là, ils ont quelque chose en eux, ils n'abandonnent pas leurs racines et veulent faire valoir leur culture, leurs droits acquis et leurs privilèges», a-t-il affirmé, sans préciser à quels migrants il faisait allusion. «La France souffre à cause de ça, une partie de la population, une partie de l'armée, une partie des institutions commencent à se plaindre de ça. Nous ne voulons pas de ça pour le Brésil», a-t-il conclu.

«qu'est-ce que c'est, une 'golden shower' ?»

Pour stigmatiser les supposées dérives du carnaval, événement le plus populaire au Brésil et durant lequel plusieurs défilés ont directement visé Jair Bolsonaro cette année, le président brésilien a contre-attaqué maladroitement en mars dernier. Il a partagé sur Twitter une vidéo obscène de 40 secondes, dans laquelle on voit un homme en train d’uriner sur un autre en pleine rue, à Sao Paulo.

«Je me sens mal à l'aise à l'idée de montrer ça, mais il faut que la vérité soit exposée pour que la population en prenne connaissance et puisse définir ses priorités», a affirmé le chef de l'Etat, dans un message accompagnant la vidéo. «C'est ce que sont devenus de nombreux groupes de carnaval de rue. Commentez et tirez vos conclusions.»

Le même jour, il a de nouveau tweeté sur le sujet, demandant : «Qu’est-ce que c’est, une 'golden shower' ?», expression qui en anglais désigne l’acte sexuel consistant à uriner sur son partenaire (une «douche dorée» en français). Un tweet depuis supprimé.

quand il affirme que le nazisme était de gauche

Après une visite au musée de l'Holocauste, à Jérusalem, en Israël, Jair Bolsonaro a de nouveau fait polémique en avril avec ses propos.

A la question d'un journaliste brésilien lui demandant s'il était d’accord avec des déclarations récentes de son ministre des Affaires étrangères, qui avait affirmé que le nazisme était de gauche, l'ancien capitaine de l'armée a répondu par la positive, sans broncher. «Sans aucun doute», a-t-il affirmé. «Le parti socialiste, c’est quoi ? Parti national-socialiste allemand», a-t-il ajouté, en référence au nom officiel du parti nazi sous Hitler (Parti national-socialiste des travailleurs allemands ou NSDAP).

«on peut pardonner la Shoah»

Jair Bolsonaro a décidément tendance à souvent atteindre le point Godwin (une pseudo loi évoquée à chaque fois que des références à Hitler, au nazisme ou à l'Holocauste surgissent de nulle part). Quelques jours après avoir déclaré que la nazisme était de gauche, il a fait scandale avec ses déclarations sur la Shoah.

«Nous pouvons pardonner, mais pas oublier», a déclaré le président brésilien, devant un parterre de pasteurs évangéliques à Rio de Janeiro. Il a par la suite tenté de se défendre, dans une lettre envoyée aux autorités israéliennes. «A la population d'Israël, j'ai écrit dans le livre d'or du musée de Yad Vashem à Jérusalem : 'Ceux qui oublient leur passé sont condamnés à ne pas avoir d'avenir'. En conséquence, toute autre interprétation ne relève que de ceux dont l'intérêt est de m'éloigner de mes amis juifs», a-t-il affirmé.

Le Brésil ne doit pas «devenir un paradis du tourisme gay»

Ouvertement homophobe - il avait notamment affirmé en 2011 qu'il serait «incapable d’aimer un fils homosexuel» et qu'il préférerait qu'il «meure dans un accident» -, Jair Bolsonaro s'est de nouveau illustré pour des propos choquants visant la communauté LGBT en avril.

«Si tu veux venir ici et faire l’amour à une femme, fais ta vie», a-t-il d’abord lancé lors d'un entretien avec des journalistes, avant de poursuivre : «Mais on ne peut pas laisser le pays devenir un paradis du tourisme gay. Le Brésil ne peut pas être le pays de tous les gays du monde. Nous avons des familles.»

quand il défend le travail des enfants

Allant toujours plus loin dans la polémique, Jair Bolsonaro en est arrivé au point de défendre le travail des enfants, en juillet dernier, lors de son émission hebdomadaire en direct sur Facebook. Pour cela, l'ancien député a mis en avant son cas personnel.

«Regardez, en travaillant à la ferme à 9 ou 10 ans, cela ne m’a pas du tout desservi. Quand un enfant âgé de 9 ou 10 ans travaille quelque part, il y a plein de monde pour dénoncer le 'travail forcé' ou le 'travail des enfants'. Mais s’il est en train de fumer du crack, personne ne dit rien», a-t-il déclaré. «Le travail donne de la dignité aux hommes et aux femmes, peu importe l'âge.»

Il a persisté et signé le lendemain, lors d’un acte officiel, en arguant : «J'ai travaillé depuis l’âge de 8 ans en plantant du maïs, en cueillant des bananes [...] tandis que j’étudiais, en parallèle. Et aujourd’hui, je suis qui je suis.»

«dire que des gens ont faim au Brésil est un mensonge»

Habitué des phrases chocs, Jair Bolsonaro est également un adepte des «fake news». Une autre ressemblance avec celui avec qui on le compare souvent, Donald Trump.

Ainsi, au cours d'un petit déjeuner avec des journalistes de médias étrangers, à Brasilia, le «Trump tropical» a affirmé : «On peut cultiver pratiquement de tout dans notre pays. Dire que des gens ont faim au Brésil, c'est un grand mensonge.». «On ne voit pas des pauvres dans la rue avec un physique squelettique comme c'est le cas dans d'autres pays. [...] Dire que des gens ont faim au Brésil est un discours populiste, rien de plus», a-t-il ajouté.

Une fois n'est pas coutume, face au tollé provoqué par ses allégations, le président a tenu à les relativiser quelques heures plus tard face à la presse locale. «Les Brésiliens mangent mal. Certains ont faim. Mais c'est inacceptable, dans un pays aussi riche que le nôtre, avec des terres cultivables et de l'eau en abondance», a-t-il déclaré. Un rapport de la FAO, l'agence de l'ONU chargée de l'agriculture et de l'alimentation, recensait dans un rapport en septembre 2018 5,1 millions de personnes souffrant de sous-nutrition au Brésil en 2017, sur une population totale de près de 210 millions.

«faire caca un jour sur deux» pour préserver l'environnement

Climatosceptique, Jair Bolsonaro ne fait rien en matière l'écologie depuis le début de son mandat. Pire, il détricote toutes les réglementations environnementales mises en place par ses prédécesseurs, mettant davantage l'accent sur l' «agrobusiness», notamment en Amazonie.

Preuve de son indifférence sur le sujet de la préservation de la planète, il a répondu par une boutade d'un goût douteux à une question sérieuse d'un journaliste en août dernier. Ce dernier lui demandait s'il était possible de concilier «croissance et préservation de l’environnement», tout en relevant le défi de nourrir une population mondiale toujours plus nombreuse.

«Il suffit de manger un peu moins. Vous me parlez de pollution environnementale. Il suffit de faire caca un jour sur deux, ce sera mieux pour tout le monde», a-t-il ironisé, à la sortie du palais présidentiel d’Alvorada.

quand il se moque du physique de Brigitte macron

Anti-migrants, homophobe, mais aussi sexiste. Jair Bolsonaro a exposé cette dernière caractéristique pas franchement honorable au cours d'une passe d'armes avec la France au sujet des gigantesques incendies en Amazonie, l'été dernier. Réagissant aux critiques internationales, dont celles d'Emmanuel Macron, qui l'accusait d'avoir «menti» sur ses engagements environnementaux, le président brésilien a répondu de la manière la moins élégante possible.

Sur Facebook, il a réagi à une publication qui se moquait du physique de Brigitte Macron, laquelle apparaissait sur une photo désavantageuse, en le comparant à celui de la Première dame brésilienne, Michelle Bolsonaro, rayonnante le jour de l’investiture de son mari. «Vous comprenez maintenant pourquoi Macron persécute Bolsonaro ?» lit-on à côté de la photos des deux couples présidentiels. «C’est la jalousie […] de Macron, je parie», écrit un internaute, Rodrigo Andreaça. En réponse, Jair Bolsonaro a cru de bon goût d'écrire : «N’humilie pas le type - MDR [«mort de rire»] », en référence à son homologue français.

Un commentaire offensant supprimé peu de temps après. Mais qui n'a pas empêché l'un des ministres de Jair Bolsonaro, Paulo Guedes, en charge de l'Economie, de qualifier Brigitte Macron de «vraiment moche» quelques jours après.

Quand il n'utilise plus de stylos Bic car la marque est «française»

Conséquence inattendue de la crise diplomatique entre le Brésil et la France, Jair Bolsonaro a décidé en août dernier de boycotter les stylos Bic, car il s'agit d'une marque «française». «Un stylo (de la marque brésilienne) Compactor, à la place de Bic, fera l'affaire», a-t-il dit à des journalistes à Brasilia. La veille, il avait déclaré sur Facebook : «Maintenant, ce sera Compactor, parce que Bic est français.»

Jusque-là, le chef d'Etat brésilien signait tous les documents officiels avec ces stylos bon marché, qu'il n'hésitait pas à brandir devant les caméras comme le symbole de la modestie de son train de vie présidentiel, contrairement à celui de ses prédécesseurs. Bic n'a pas souhaité commenter les déclarations de Jair Bolsonaro, mais s'est dit «flatté» d'être reconnu comme étant «une marque démocratique».

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