Donald Trump a annoncé ce samedi que les forces américaines avaient capturé et exfiltré le président vénézuélien, Nicolas Maduro, après avoir lancé une «attaque de grande envergure» contre le pays sud-américain. Voici ce que l'on sait.
Que se passe-t-il outre-Atlantique ? Une série d’explosions a sorti de leur sommeil les habitants de Caracas, au Venezuela, ce samedi 3 janvier vers 2h du matin (6h GMT). Peu de temps après ces déflagrations inquiétantes qui ont duré jusqu’à 3h15 (7h15 GMT), le 47e président américain a salué le succès de cette «attaque de grande envergure» contre son voisin sud-américain. Pour l’heure, le bilan humain est inconnu.
«Les États-Unis d’Amérique ont mené avec succès une attaque de grande envergure contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolas Madura, qui, avec son épouse, a été capturé et exfiltré du pays», s’est félicité le président américain sur son réseau Truth Social. Le chef d’État a notamment ajouté qu’il tiendrait une conférence de presse au sujet de ces frappes à 11h (16h GMT) dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride.
Dans une brève déclaration au New York Times, le président républicain s'est félicité d'une opération «remarquable» ayant impliqué «une bonne préparation et beaucoup de bons, bons soldats», notamment contre le complexe militaire de Fuerte Tiuna, le plus grand du Venezuela, au sud de Caracas, et la base aérienne de Carlota, au nord.
Christopher Landau, numéro deux du Département d’État américain, a de son côté fait l’éloge d’une «nouvelle ère» pour le Venezuela, dont le gouvernement socialiste est accusé par Washington de jouer un rôle majeur dans le narcotrafic.
Caracas dénonce une «très grave agression militaire»
De son côté, le Venezuela s’est réveillé groggy. La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a souligné à la télévision ignorer où se trouvait le président Nicolas Maduro, avant d’exiger des États-Unis «une preuve de vie» du couple Maduro.
Caracas a dénoncé une «très grave agression militaire» après ces frappes en pleine nuit autour de la capitale et sa région, que le président colombien Gustavo Petro, proche de son homologue vénézuélien, a attribuées à une attaque «de missiles». «Alerte générale, ils ont attaqué le Venezuela», a déploré sur X Gustavo Petro, demandant une réunion «immédiate» de l’Organisation des États américains (OEA) et de l’ONU afin de se prononcer sur la «légalité internationale» de cette «agression». Il a également annoncé, ce samedi, avoir ordonné le déploiement de militaires à la frontière avec le Venezuela, qualifiant les bombardements américains «d’agression contre la souveraineté» de l’Amérique latine, affirmant qu’ils entraîneraient une crise humanitaire.
Donald Trump a le Venezuela en ligne de mire depuis plusieurs mois. Il accuse son président d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic. Ce que l’intéressé a toujours démenti.
«Le Venezuela rejette et dénonce (…) la très grave agression militaire perpétrée par (…) les États-Unis contre le territoire et la population vénézuéliens, dans les localités civiles et militaires de Caracas et les États de Miranda, Aragua et La Guaira autour de Caracas», a indiqué un communiqué du gouvernement publié ce samedi. «L’objectif de cette attaque n’est autre que de s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, en particulier de son pétrole et de ses minerais, en tentant de briser par la force l’indépendance politique de la Nation», poursuit le communiqué.
L’État d’urgence déclaré
Le gouvernement a ainsi appelé «toutes les forces sociales et politiques du pays à activer les plans de mobilisation», selon le texte qui annonce que Nicolas Maduro «a signé et ordonné la mise en oeuvre du Décret déclarant l’état d’urgence».
Dans un discours partagé sur les réseaux sociaux à l’aube ce samedi, Vladimir Padrino Lopez, ministre vénézuélien de la Défense, a accusé l’armée américaine d’avoir «frappé des zones résidentielles», promettant notamment un déploiement massif de tous les moyens militaires du pays.
«Les forces envahisseuses (…) ont profané notre sol (…) allant jusqu’à frapper, au moyen de missiles et de roquettes tirés depuis leurs hélicoptères de combat, des zones résidentielles de population civile», a déclaré le général, indiquant être «en train de recueillir les informations relatives aux blessés et aux morts». Vladimir Padrino Lopez a également promis «le déploiement massif de tous les moyens terrestres, aériens, navals, fluviaux et balistiques, systèmes d’armes pour la défense intégrale».
L’offensive américaine intervient alors que Donald Trump avait évoqué, lundi 29 décembre dernier lors d’une conférence de presse, la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela, menaçant que les jours du président Nicolas Maduro étaient «comptés», après avoir fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes contre le narcotrafic et mené des frappes meurtrières contre des bateaux.
Les réactions internationales pleuvent, Madrid veut jouer les intermédiaires
Sidéré, le gouvernement espagnol a proposé ce samedi de jouer les intermédiaires. «L’Espagne appelle à la désescalade et à la modération» et est «disposée à offrir ses bons offices pour parvenir à une solution pacifique et négociée à la crise actuelle», a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
«Nous suivons de très près la situation au Venezuela et prenons connaissance des derniers rapports avec une grande inquiétude», a réagi de son côté le ministère des Affaires étrangères allemand, précisant qu’il était «en contact étroit avec l’ambassade à Caracas». Une cellule de crise du gouvernement allemand se réunira notamment ce samedi, selon le communiqué.
En Italie, Giorgia Meloni «suit de près la situation au Venezuela» afin de «recueillir des informations sur nos compatriotes», a indiqué un communiqué des services de la Première ministre italienne, qui «reste en contact permanent avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Antoni Tajani».
«L’année 2026 commence par un coup dur», a déploré le Premier ministre polonais, Donald Tusk, lors d’une conférence de presse. «Un événement comme l’attaque américaine d’aujourd’hui contre le Venezuela affecte le monde entier ; nous réagirons et nous préparerons à cette nouvelle situation», a-t-il averti.
L’Iran, qui entretient des liens étroits avec le Venezuela, a condamné «fermement l’attaque militaire américaine» contre Caracas. «Le ministère iranien des Affaires étrangères condamne fermement l’attaque militaire américaine contre le Venezuela et la violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du pays», a indiqué dans un communiqué la diplomatie iranienne ce samedi.
«Ce matin, les États-Unis ont commis un acte d’agression armée contre le Venezuela. Ceci est profondément préoccupant et condamnable», a réagi Moscou, allié de Caracas. Le ministère russe des Affaires étrangères a estimé dans une communiqué que «l’hostilité idéologique a triomphé du pragmatisme économique». Le 47e président américain a l'habitude d'agir sans crier gare et il en fait une nouvelle fois la démonstration.