L’année de Donald Trump en 10 tweets

Le président américain Donald Trump De la Corée du Nord à la Syrie en passant par Emmanuel Macron, les tweets de Donald Trump en 2018 retracent bien l'année mouvementée du président américain.[MANDEL NGAN / AFP]

Twitter est son terrain de jeu favori. Depuis le début de l'année, Donald Trump a partagé pas moins de 3 500 messages sur le réseau social à l'oiseau bleu, selon le site Trump Twitter Archive. Un outil de communication très efficace pour le président aux 56 millions de followers, qui fait et défait la politique américaine en 280 caractères.

Un bouton nucléaire «plus gros» que celui de Kim Jong-Un

Donald Trump a commencé fort l'année 2018, en attaquant frontalement le dictateur nord-coréen Kim Jong-Un, après que celui-ci a estimé que son pays était une puissance nucléaire à part entière. «Le leader nord-coréen Kim Jong-un vient d’affirmer que le 'bouton nucléaire est sur son bureau en permanence' (...) informez-le que j'ai moi aussi un bouton nucléaire et qu'il est bien plus gros et bien plus puissant que le sien, et il fonctionne !», a tweeté le président américain. Une guerre des mots du calibre de chamailleries de cour d'école.

Donald Trump, «un génie très stable»

Alors que sortait le 5 janvier le livre explosif du journaliste Michael Wolff, Fire and Fury : Inside the Trump White House («Le feu et la fureur, dans la Maison Blanche de Trump» en français), dans lequel l'auteur qualifiait le président américain d'«enfant» incapable de se concentrer, ce dernier n'a pas tardé à réagir. Le lendemain, il répliquait en vantant ses capacités intellectuelles extraordinaires.

«Tout au long de ma vie, mes deux plus grands atouts ont été la stabilité mentale et le fait d'être, disons, vraiment intelligent (...) Je suis passé d'un homme d'affaires très prospère à une superstar de la télé, au président des Etats-Unis (à mon premier essai). Je crois que ça me qualifie, non comme intelligent, mais comme un génie... et un génie très stable !»

Justin Trudeau, «très malhonnête et faible»

Alors qu'un communiqué commun avait été arraché de haute lutte à l'issue du G7 au Canada en juin, Donald Trump s'en est finalement désolidarisé à la surprise générale, attaquant le Premier ministre canadien Justin Trudeau. Il lui reprochait de s'être conduit de façon «douce» durant le sommet, mais d'avoir critiqué les tarifs douaniers américains sur l'acier et l'aluminium mis en place par Donald Trump. «Très malhonnête et faible», a vivement réagi le président américain, arguant que ces droits de douane étaient une réponse à ceux du Canada sur les produits laitiers.

Kim Jong-Un, d'ennemi à ami

Alors que les relations étaient plus qu'ombrageuses jusque-là entre Donald Trump et Kim Jong-Un, un spectaculaire revirement a eu lieu pendant l'année. Après avoir fait état de «possibles progrès» au mois de mars dans les discussions au sujet de la dénucléarisation de la Corée du Nord, le président américain a salué en juillet sur Twitter la «gentille lettre» de son homologue nord-coréen, affirmant «enregistrer de grands progrès», quelques semaines après la rencontre historique entre les deux dirigeants à Singapour, en juin.

Soutien à l'arabie saoudite en pleine affaire khashoggi

Alors qu'avait éclaté quelques jours auparavant l'affaire Khashoggi, du nom du journaliste saoudien tué le 2 octobre dans le consulat de son pays à Istanbul (Turquie), Donald Trump a préféré préserver son alliance avec l'Arabie saoudite plutôt que de prendre ses distances avec Ryad, alors que la responsabilité du régime dans cet assassinat était pointée du doigt.

«Je viens de parler avec le prince héritier d'Arabie saoudite qui a totalement nié avoir connaissance de ce qui s'est passé dans leur consulat turc. (...) Il m'a dit qu'il avait déjà entamé, et va rapidement étendre, une enquête complète et totale sur le sujet. Les réponses viendront rapidement», a-t-il tweeté le 16 octobre.

Le 20 novembre, le président américain a tout de même reconnu que le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, dit «MBS», «pourrait avoir eu connaissance» de l’assassinat de Jamal Khashoggi, tout en assurant que son pays entendait «rester un partenaire inébranlable de l’Arabie saoudite». Une déclaration qui survenait quelques jours après un article du Washington Post révélant que le meurtre du journaliste aurait été commandité par MBS selon la CIA.

Donald Trump façon game of thrones

Pour annoncer le rétablissement des sanctions contre l'Iran, consécutif au retrait américain de l'accord international sur le nucléaire iranien, Donald Trump a voulu faire de l'humour. Il a posté sur son compte Twitter une photo de lui avec l'inscription «Sanctions are coming» («Les sanctions viennent»), un détournement de la célèbre réplique de la série médiévale fantastique Game of Thrones, «Winter is coming» («L'hiver vient»). Une facétie malvenue, alors que la décision du président américain pourrait avoir des conséquence économiques désastreuses pour la population de la république islamique d'Asie de l'Ouest.

Les midterms, «un immense succès»

Malgré des résultats en demi-teinte (une majorité républicaine confortée au Sénat et une Chambre des représentants passant aux mains des démocrates), Donald Trump a revendiqué «un immense succès» aux élections de mi-mandat, appelées les «midterms», qui se sont déroulées le 7 novembre dernier.

«Merci à tous !», a-t-il ajouté, alors que celui-ci devra composer avec un Congrès divisé jusqu'à la fin de son mandat dans deux ans. Un triomphalisme qui peut s'expliquer par le fait qu'il n'y a pas eu de vague anti-Trump, et que quelques têtes d'affiche démocrates ont été battues, comme l'étoile montante Beto O'Rourke (46 ans).

Quand trump critique la «mauvaise gestion» des forêts pendant les incendies en californie

En novembre, de terribles feux de forêt ont ravagé la Californie. L'un d'eux, baptisé «Camp Fire» a été le plus meurtrier de l'histoire de l'Etat, avec 85 morts. Mais plutôt que d'apporter son soutien aux victimes, Donald Trump a préféré critiquer la Californie, qui venait d'élire un gouverneur démocrate lors des midterms. «Il n'y a aucune raison pour ces énormes incendies en Californie, meurtriers et coûteux, si ce n'est que la gestion des forêts est tellement mauvaise», a tweeté l'ancienne vedette de téléréalité.

«Des milliards de dollars sont donnés chaque année, tant de vies sont perdues, tout cela à cause d'une mauvaise gestion des forêts. Remédiez-y maintenant, sinon il n'y aura plus de versements fédéraux !», a-t-il également averti, sans dire un mot sur le rôle du réchauffement climatique dans ces «méga-incendies».

la salve d'attaques contre emmanuel macron

Tout juste rentré de Paris, où il s'était rendu pour les commémorations du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, le président américain s'en est violemment pris à Emmanuel Macron sur Twitter, fustigeant l'idée d'armée européenne du président français. «Emmanuel Macron suggère de construire sa propre armée pour protéger l'Europe contre les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Mais c'était l'Allemagne lors des Première et Seconde Guerres mondiales. Et comment cela s'est-il passé pour la France ? Ils commençaient à apprendre l'allemand à Paris avant que les Etats-Unis ne viennent à la rescousse», a taclé le magnat de l'immobilier, faisant une référence douteuse à l'occupation allemande de la France entre 1940 et 1944.

Dans un autre tweet, publié un peu plus tard, le locataire de la Maison Blanche en a remis une couche, affirmant que «le problème est qu'Emmanuel Macron souffre d'une très faible cote de popularité à 26 %, et d'un taux de chômage à près de 10 %». Il a conclu sa diatribe par un dernier gazouillis, en lettres capitales : «MAKE FRANCE GREAT AGAIN», une référence à son slogan de campagne, «Make America Great Again» («Rendre à l'Amérique sa grandeur»), qui avait déjà été détourné par Emmanuel Macron en «Make Our Planet Great Again» en juin 2017 pour dénoncer le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat.

Le retrait surprise des troupes américaines de syrie

A quelques jours de Noël, on aurait pu croire à une fin d'année calme et paisible à la Maison Blanche. Que nenni. Donald Trump a une nouvelle fois pris tout le monde de court, y compris ses conseillers, en annonçant le retrait de l'ensemble des troupes américaines de Syrie. «Nous avons vaincu Daesh en Syrie, pour moi la seule raison pour laquelle nous étions présents durant la présidence Trump», a expliqué le milliardaire, alors que quelque 2 000 soldats américains sont déployés dans le pays de Bachar al-Assad pour combattre l'organisation jihadiste.

Une courte vidéo justifiant cette décision a été partagée le lendemain sur le compte Twitter de Donald Trump, dans laquelle il déclare qu' «il est temps de rentrer», alors que son administration lui conseillait de rester quelque temps en Syrie, de peur d'une résurgence de Daesh.

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