Elections européennes : qui sont les têtes de liste en France ?

Yannick Jadot (EELV), Manon Aubry (LFI) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) seront têtes de liste pour leur parti lors des élections européennes du 26 mai prochain. Yannick Jadot (EELV), Manon Aubry (LFI) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) seront têtes de liste pour leur parti lors des élections européennes du 26 mai prochain. [Philippe Lopez / AFP, Facebook / ManonAubryFR et JACQUES DEMARTHON / AFP]

En vue des élections européennes du 26 mai prochain, les partis français vont pour chacun d'entre eux désigner la tête de liste qui les représentera pendant la campagne. Certains, comme La France insoumise, le Rassemblement national ou Europe Ecologie-Les Verts, l'ont déjà nommée. Pour les autres partis, soit le candidat n'a pas été officialisé (Les Républicains), soit il n'a tout simplement pas encore été choisi (LREM, PS...).

La France insoumise : Manon Aubry

Désignée tête de liste de La France insoumise (LFI) lors de la convention du parti d'extrême-gauche début décembre à Bordeaux, Manon Aubry est une totale novice en politique. Cette native de Fréjus (Var) âgée de seulement 29 ans est issue du monde associatif.

Après avoir présidé la section locale de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) durant ses études à Sciences Po Paris, elle a intégré, après son diplôme en relations internationales et droits de l’Homme, Médecins du Monde au Liberia, puis l'ONG The Carter Center, en République démocratique du Congo (RDC). Avant de rejoindre LFI et Jean-Luc Mélenchon pour les européennes, elle était porte-parole de l'ONG Oxfam France, où elle était spécialiste des questions d'évasion et de justice fiscales.

Europe Ecologie-Les Verts : Yannick Jadot

L'eurodéputé Yannick Jadot a été désigné dès juillet par les adhérents d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) pour mener la liste du parti écolo aux européennes 2019. Il a remporté l'élection avec 59 % des suffrages, face à Michèle Rivasi (36 %), qui sera numéro deux sur la liste.

L'ancien directeur des campagnes de l'ONG Greenpeace France a pour l'instant refusé toute alliance avec un autre parti de gauche. Il a d'abord exclu en août de s'allier au mouvement de Benoît Hamon, Génération.s. Le diplômé d'économie à l'Université Paris-Dauphine a gardé en mémoire la présidentielle 2017, lors de laquelle il s'était désisté au profit de Hamon, alors candidat du Parti socialiste (PS), ce qui s'était soldé par un échec retentissant (6 % des suffrages). Il a ensuite décliné le 20 décembre l'offre de l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal, qui avait proposé d'être numéro deux d'une liste écologiste liée au PS. Cette dernière a par la suite annoncé, le 11 janvier, qu'elle ne serait pas tête de liste à gauche. 

Rassemblement national : Jordan Bardella 

Jeune espoir du Rassemblement national (RN, ex-FN), Jordan Bardella, 23 ans, conduira la liste du parti d'extrême-droite lors des européennes. Il faut dire que le jeune homme a le RN dans le sang. Dès ses 16 ans, il obtient sa première carte de sympathisant du parti. En 2015, à 20 ans, le natif de Drancy (Seine-Saint-Denis) est élu conseiller régional d’Ile-de-France.

Eliminé au premier tour des législatives en Seine-Saint-Denis en 2017, il devient tout de même porte-parole du RN la même année, après le départ de Florian Philippot. Nouvelle promotion en mars 2018 : la présidente du RN Marine Le Pen le nomme directeur national du Front national de la jeunesse (devenu depuis Génération nation), le mouvement jeune du parti d'extrême-droite. S'il était élu aux prochaines élections européennes, Jordan Bardella deviendrait l'un des plus jeunes eurodéputés de l'histoire. Mais pas le plus jeune, ce dont se targuent pourtant des cadres du RN. Comme le note Le JDD, le record est en effet détenu par l'Allemande Ilka Schröder, élue en 1999 à 21 ans. En 2014, le FN avait fait élire le doyen du Parlement, Jean-Marie Le Pen, 86 ans à l'époque.

Les Républicains : François-Xavier Bellamy (?)

Même si rien n'a encore été officialisé, le patron des Républicains Laurent Wauquiez compte sur lui pour devenir la tête de liste du parti de droite aux européennes. Inconnu du grand public, François-Xavier Bellamy, 33 ans, est un quasi novice en politique. Professeur de philosophie et essayiste, il est depuis 2008 maire adjoint de Versailles (Yvelines). Il a eu une autre expérience en politique en 2017, lorsqu'il s'est présenté aux législatives dans les Yvelines. Le normalien s'était alors incliné de justesse au second tour, face au candidat LREM, Didier Baichère.

Même s'il est soutenu par Valérie Pécresse et Bruno Retailleau, François-Xavier Bellamy n'est pas encore certain d'être investi par Les Républicains (LR). Le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), s'y oppose, à cause de sa proximité avec la droite «dure». En 2013, le philosophe catholique s'était en effet engagé contre le mariage homosexuel et avait été l'une des figures des «Veilleurs», mouvement associé à La Manif pour tous, avant de participer à la création de Sens commun, un mouvement conservateur anti-mariage gay.

Parti communiste : Ian Brossat

En juin dernier, Ian Brossat, 38 ans, a été désigné tête de liste pour ces européennes par le Parti communiste français (PCF). Porte-parole du parti d'extrême-gauche, il est également depuis 2014 adjoint à la maire de Paris Anne Hidalgo, en charge du logement. Parmi ses principaux chevaux de bataille dans la capitale figure la régulation de la plate-forme de location de logements entre particuliers Airbnb. Au niveau national, il a notamment fait campagne en 2013 en faveur du mariage pour tous, avant de se marier lui-même avec son compagnon, une fois la loi votée.

Ce normalien et agrégé de lettres modernes est favorable à une «union la plus large» possible à gauche, a-t-il déclaré le 27 décembre sur Franceinfo, tout en excluant de s'allier au Parti socialiste, à cause d'une vision différente de l'Europe. Mais la tête de liste PCF tend la main à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, ainsi qu'aux mouvements Génération.s de Benoît Hamon et Place publique du philosophe Raphaël Glucksmann. Il souhaite par ailleurs ouvrir sa liste à des gilets jaunes.

Debout la France : Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président de Debout la France, a annoncé le 23 septembre dernier lors d'un meeting au Cirque d'Hiver à Paris qu'il conduirait la liste de son parti souverainiste lors des européennes de mai 2019. Celui qui est arrivé sixième à la dernière présidentielle (4,70 % des voix) veut porter «une liste d’union» de la droite, appelant les membres des Républicains (LR) et du Rassemblement national (RN) à le rejoindre.

Mais pas question pour lui de faire liste commune avec le RN. Après s'être allié à Marine Le Pen entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2017, «NDA» a rejeté en juin dernier la proposition de la présidente du parti d'extrême-droite. Cet ex-cadre du RPR et de l'UMP est l'un des critiques les plus virulents d'Emmanuel Macron et de l'Union européenne, estimant que «la France crève du pillage d'une oligarchie, 'le parti de l'étranger', qui gouverne contre le peuple».

UDI : Jean-Christophe Lagarde

Alors qu'une liste commune centriste proeuropéenne - avec La République en marche (LREM) et le MoDem - avait été évoquée dans un premier temps, l'Union des démocrates indépendants (UDI) a finalement décidé de faire bande à part, et de présenter sa propre liste, menée par son président Jean-Christophe Lagarde. Le parti du centre entend ainsi afficher son indépendance par rapport à la liste de la majorité présidentielle (LREM-MoDem).

Jean-Christophe Lagarde, également député de Seine-Saint-Denis, souhaite en effet se démarquer du projet européen d'Emmanuel Macron. Selon lui, le chef de l'Etat prône «une vision ultra-libérale de l'Europe qui protège les marchés, pas les salariés», a-t-il déclaré le 7 décembre sur Europe 1. «Je ne suis pas d'accord avec cette Europe-là. Cette Europe-là court à l'échec», a-t-il ajouté. Par ailleurs, depuis l'élection de Laurent Wauquiez à la tête de LR, Jean-Christophe Lagarde n'accepte plus d'alliance avec le parti de droite, dans lequel il ne se reconnaît plus.

Les Patriotes : Florian Philippot

L'ancien bras droit de Marine Le Pen au Front national (devenu Rassemblement national), Florian Philippot, conduira la liste des Patriotes, le parti d'extrême-droite qu'il a créé en septembre 2017, lors des européennes 2019. Le 27 décembre dernier, il a annoncé au journal L'Opinion qu'il voulait «constituer une liste hybride, mi-Patriotes mi-gilets jaunes». En vue de cet objectif, il a déposé la marque «Les Gilets Jaunes», le 30 novembre dernier, auprès de l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi).

Le député européen et conseiller régional du Grand Est fait campagne autour de la sortie de la France de l'Union européenne, le «Frexit» (une référence au Brexit britannique). Son livre-programme, publié le 19 septembre, s'intitule justement Frexit. UE : en sortir pour s'en sortir. Très critique de la politique du chef de l'Etat, il a souhaité dans es voeux, le 31 décembre, que l'année 2019 se termine «sans Emmanuel Macron à l'Elysée» et que le mouvement des gilets jaunes «s'amplifie».

UPR : François Asselineau

François Asselineau, président de l'Union populaire républicaine (UPR) et candidat à l'élection présidentielle en 2017 (0,92 % des suffrages), a décidé de mener la liste de son parti lors des européennes. Eurosceptique convaincu, il est partisan d'une sortie de la France de l'Union européenne (un «Frexit»).

Même s'il partage ce thème de campagne avec Florian Philippot, l'ancien conseiller de Paris refuse toute alliance avec le président des Patriotes, «un escroc» qui lui «a volé toutes (ses) idées». Sur Sud Radio, en octobre dernier, François Asselineau a tout de même annoncé que sa liste comporterait «quelques personnalités d'ouverture pour appeler tous les Français à se rassembler pour mener à bien le Frexit».

Résistons ! : Jean Lassalle

Candidat à la présidentielle 2017 (1,21 % des voix), le député non-inscrit des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle (ex-MoDem) va prendre la tête de la liste de son mouvement Résistons ! pour les européennes du 26 mai. L'ancien berger béarnais veut être «la voix des sans voix», a-t-il affirmé à l'AFP en septembre dernier. Il souhaite notamment promouvoir «les territoires et la ruralité, aujourd'hui menacés de disparition», a-t-il indiqué à Valeurs Actuelles en mai. 

Au niveau européen, celui qui s'était fait remarquer le 21 novembre en enfilant un gilet jaune à l'Asssemblée nationale se positionne en faveur d'une «Europe des nations». «Je suis d’abord français, ensuite européen», a-t-il expliqué, lui qui a annoncé en septembre qu'il se présenterait également à l'élection présidentielle 2022.

Lutte ouvrière : Nathalie Arthaud

Porte-parole de Lutte ouvrière (LO), Nathalie Arthaud, candidate à l'élection présidentielle en 2017 (0,64 % des voix), a annoncé le 11 décembre dernier que son parti d'extrême-gauche conduirait une liste «autonome» lors du scrutin européen de mai prochain, dont elle serait tête de liste.

Elle a ainsi refusé la liste commune proposé par le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) de Philippe Poutou et Olivier Besancenot. Solidaire des gilets jaunes, l'enseignante en économie explique vouloir «centrer cette campagne sur le camp des travailleurs».

Les autres partis : tête de liste pas encore choisie

De nombreux partis n'ont pas encore choisi leur tête de liste pour ces élections européennes. C'est le cas notamment du parti présidentiel, La République en marche (LREM), allié au MoDem pour ce scrutin. L'ex-eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit et Pascal Canfin, directeur général du WWF France, ont notamment décliné la proposition.

Même chose dans de nombreux partis de gauche, dans l'attente d'une potentielle union : le Parti socialiste, Génération.s (son leader, Benoît Hamon, a d'ores et déjà annoncé qu'il se présenterait à la tête d'une «alliance citoyenne», mais a dit non à une liste commune avec le PS) et Place publique. 

Plusieurs petits partis politiques, très minoritaires, sont eux aussi encore dans l'attente de leur tête de liste. Il s'agit notamment du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste, extrême-gauche), du mouvement Agir (droite) présidé par le ministre de la Culture Franck Riester - qui pourrait rejoindre la liste LREM-MoDem -, ainsi que du Mouvement radical (centre).

Quant à l'UDE (Union des démocrates et des écologistes) de Jean-Luc Bennahmias et Cap21 de Corinne Lepage, ils pourraient s'unir pour former un rassemblement des écologistes de centre-gauche. Restent enfin les gilets jaunes, qui travaillent actuellement à créer une liste autour notamment de Hayk Shahinyan, figure du mouvement en Seine-Maritime.

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